Passeport valide : coché. Billets imprimés : coché. Ordonnance du traitement habituel : oubliée sur le bureau. La santé est souvent la dernière ligne de la liste de préparatifs, alors qu’elle demande parfois le plus d’anticipation, notamment pour les vaccins. Voici, dans l’ordre, ce qu’il est utile de prévoir, sans transformer la valise en pharmacie ambulante. Ces conseils restent généraux : seul un professionnel de santé peut les adapter à une situation personnelle.
Le compte à rebours sanitaire
- Un à deux mois avant le départ : consulter son médecin traitant ou un centre de vaccinations internationales, surtout pour une destination tropicale. Certains vaccins nécessitent plusieurs injections espacées.
- Trois à quatre semaines avant : vérifier sur le site Conseils aux voyageurs du ministère des Affaires étrangères les risques sanitaires et les exigences d’entrée du pays.
- Quinze jours avant : demander la carte européenne d’assurance maladie, gratuite et valable deux ans, pour un séjour en Europe, et vérifier les garanties d’assistance de son assurance ou de sa carte bancaire pour les autres destinations.
- La veille : placer médicaments et ordonnances dans le bagage cabine.
Vaccins : obligatoires, recommandés, à jour
La première étape consiste à vérifier que les vaccins du calendrier courant sont à jour, en particulier diphtérie, tétanos et poliomyélite. Viennent ensuite les vaccins liés à la destination. Certains sont exigés à l’entrée : c’est le cas de la fièvre jaune pour la Guyane et pour plusieurs pays d’Afrique et d’Amérique du Sud, avec un certificat international à présenter. D’autres sont recommandés selon le type de séjour : hépatite A, typhoïde, rage pour les voyages en zone isolée, encéphalite japonaise pour certaines régions d’Asie. Le carnet de vaccination, ou sa version numérique, gagne à voyager avec les papiers d’identité.
Le paludisme ne dispose pas d’un vaccin couramment utilisé par les voyageurs : sa prévention repose sur la protection contre les piqûres et, selon la zone, sur un traitement préventif prescrit par un médecin. Pour la dengue ou le chikungunya, la protection contre les moustiques reste la mesure principale.
La trousse, sans surcharger la valise
Une trousse bien pensée tient dans une petite pochette. L’essentiel :
- le traitement habituel en quantité suffisante, avec l’ordonnance mentionnant les noms des molécules, plus universels que les noms commerciaux ;
- un antalgique et antipyrétique courant, un thermomètre ;
- pansements, compresses, antiseptique et pince à épiler ;
- sachets de solution de réhydratation orale, précieux en cas de diarrhée ;
- répulsif adapté à la destination, crème solaire et protection pour les lèvres ;
- préservatifs et, si besoin, médicament contre le mal des transports.
Les médicaments liquides nécessaires pendant le vol peuvent dépasser la limite de 100 millilitres, sur justificatif. Pour préparer le reste du séjour, formalités, budget ou choix de l’hébergement, les guides pratiques du magazine AlloVoyages complètent utilement cette liste.
Pendant le trajet et sur place
Sur un long-courrier, se lever régulièrement, bouger les jambes et boire de l’eau aide à limiter le risque de phlébite. Les bas de contention peuvent être conseillés par un médecin aux personnes à risque. Contre le décalage horaire, s’exposer à la lumière du jour et adopter rapidement les horaires locaux reste la méthode la plus simple. Sous les tropiques, boire régulièrement et éviter les heures les plus chaudes limite le risque de coup de chaleur, en particulier chez les enfants et les personnes âgées.
Sur place, quelques règles réduisent l’essentiel des risques :
- dans les pays où l’eau du robinet n’est pas sûre, boire de l’eau en bouteille capsulée et éviter les glaçons d’origine inconnue ;
- se laver les mains souvent, ou utiliser une solution hydroalcoolique ;
- éviter les crudités et fruits non pelés dans les zones à risque, selon l’adage anglophone « cuit, bouilli, pelé ou oublié » ;
- ne pas caresser les animaux errants, en raison du risque de rage.
En croisière, le mal de mer et les épidémies de gastro-entérite à bord font partie des soucis fréquents : l’hygiène des mains y est d’autant plus importante. Pour les familles qui envisagent ce type de voyage, nos conseils pour une croisière en famille dans les Caraïbes abordent aussi l’organisation au quotidien.
Au retour, rester attentif
Une fièvre dans les semaines ou les mois qui suivent un séjour en zone tropicale doit conduire à consulter rapidement, en précisant au médecin le pays visité. Le paludisme, en particulier, peut se déclarer après le retour. Une lésion de peau qui ne cicatrise pas ou des troubles digestifs persistants méritent aussi un avis médical. Il est aussi utile de terminer un éventuel traitement préventif selon la durée prescrite, même une fois rentré. Ce dernier réflexe est souvent négligé, alors qu’il conditionne l’efficacité de toutes les précautions prises avant de partir.
